Rencontre avec Anne Pauly pour "Avant que j'oublie"

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Le 18 septembre 2019 - 18h30 à 20h00

Une très belle découverte pour ce premier roman où l’on oscille en permanence entre violence et tendresse envers un père Janus... Avec un style tragi-comique, Anne Pauly dit subtilement l’ambivalence de l’amour et la confusion des sentiments. L’humour et une tendre ironie intensifient la vive émotion que l’on éprouve en accompagnant la narratrice qui découvre un père aimé... J’ai beaucoup beaucoup aimé, à tous points de vue, une histoire qui nous parle, une plume pleine d’humour et de verve, un livre que l’on referme et que l’on garde en soi.

"Il y a d'un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conju- gale, comportement irrationnel, tragi-comédie du quotidien, un « gros déglingo », dit sa fille, un vrai punk avant l'heure. Il y a de l'autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixellisé de feue son épouse ; mon père, dit sa fille, qu'elle seule semble voir sous les appa- rences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous-Poissy et un monde ancienne- ment rural et ouvrier. De cette maison, il va bien falloir faire quelque chose à la mort de ce père Janus, colosse fragile à double face. Capharnaüm invraisemblable, caverne d'Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Que disent d'un père ces recueils de haïkus, auxquels des feuilles d'érable ou de papier hygiénique font office de marque-page ? Même elle, sa fille, la narratrice, peine à déceler une cohérence dans ce chaos. Et puis, un jour, comme venue du passé, et parlant d'outre- tombe, une lettre arrive, qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant."

Éditions Verdier

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